Radios "libres": la saga de TSF 102/100 à Toulouse de 1981 à 1985
Ce 20 janvier 2026, le casque hi-fi posé sur des oreilles débarrassées depuis longtemps de toute mèche obstructive, je me suis livré à un de mes moments de détente favoris : faire défiler les nouveautés (les genres musicaux confondus) que sélectionne Qobuz chaque semaine et partir à la découverte d’univers sonores en cliquant sur les pochettes qui m’auront le plus séduit. Eh oui, la pochette comme invitation à choisir, parce que je dois dire que je connais à peine un nom sur 20 parmi ceux qui passent sous mes yeux.
Rassasié de sons nouveaux, mais au final un peu frustré de ne pas avoir eu le frisson salvateur (clin d’œil à "Profil Grec et Banane"), j’en suis arrivé à clore la séance par des valeurs qui me sont sûres : Count Basie, Bill Evans, Vivaldi (le premier rocker ! Pour s’en convaincre, écouter assez fort le IIIe mouvement de l’Été des Quatre Saisons), Sade et Roberta Flack dont l'algorithme qobuzien m'a proposé les disques les plus fameux.
Pas question de me laisser dicter la programmation par un machin, car j’ai déjà donné : HIT FM, que j’ai dirigé après TSF et FM46, ne fonctionnait qu’avec des ordinateurs qui géraient, tout seuls, comme des grands, un mur de magnétophones à bandes.
J’ai donc délaissé les œuvres des années 70 de la native de Caroline du Nord pour aller à la recherche sur le site d’un petit bijou sorti en 1982 : I’m the One.
Je crois avoir joué toutes les chansons de cet album, ce qui était particulièrement inhabituel. Chacune avait son moment de diffusion durant la journée, la soirée et bien sûr, la nuit. Si j'avais à qualifier cet album d’un mot, je choisirais « élégance ». Même les boîtes à rythmes sont élégantes sur ce disque, c’est dire ! La voix de Roberta Flack y est feutrée, caressante ; elle livre une interprétation intimiste, si confidentielle qu’à chaque écoute, j’ai invariablement l’impression que Roberta Flack susurre à mon oreille et pour moi tout seul.
Il faut dire que Roberta et moi, nous sommes très liés : j’ai abondamment parlé d’elle sur le centième et le cent deuxième mégahertz : ses études de musique classique, le rôle du film « un Frisson dans la nuit » de Clint Eastwood pour sa notoriété, sa relation avec Donny Hathaway, suicidé en 1979. Ce fait tragique, j’en parlais exclusivement dans les émissions de nuit après quoi je diffusais un de leurs duos les plus déchirants, du genre « I (Who Have Nothing) »...
L’oreille apaisée, dans le silence revenu, je me suis dit qu’il serait bien de savoir ce qu’elle devient, Roberta Flack (la mal nommée : comment peut-on avoir un nom qui claque comme cela quand on est que douceur ?)... Morte le 24 février 2025, me révèle Wikipédia.
Touché, j’ai réuni les disques d’elle que je possède et me suis attardé sur les pochettes, m'interrogeant une fois de plus sur la symbolique des mains sur le 33 tours de 1972 "Roberta Flack & Donny Hathaway", félicitant de nouveau le designer qui avait eu l'idée d'ouvrir le piano en même temps que la pochette de "killing me softly with his song", ne sachant toujours pas si l'illustration de "I'm the one" est réussie... Puis, l’écoute de « In the Name of Love » s’est imposée. Une fois. Deux fois.
Richard Reclus
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Roberta Flack en vidéo:
"The first time ever I saw your face" (live)
"Killing me softly with his song"
Roberta Flack and Donny Hathaway: